Ce ciné m'a là
Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, on m'a appelé "Madame Cinéma" quand, vers l'âge de 14 ans environ, j'ai commencé à aller au cinéma local une fois par semaine, j'ai tapissé un mur entier de ma chambre de gros plans d'acteurs et d'actrices en N&B et quand je veillais tard les soirs de ciné-club sur Fr3 pour découvrir des univers supposément rendus lointains avec le temps, la non-couleur et les non-effets spéciaux.
Certes regarder un film américain en N&B qui date des années 30, 40, 50... requiert un peu plus de motivation que de s'avachir devant MI2 ou Terminator.
Mais qui n'a pas en tête le fameux baiser torride de Deborah Kerr à Burt Lancaster (ou le contraire ?) dans "From Here to Eternity" (F.Zinneman) - après coup, à l'instar des bandes annonces d'aujourd'hui, il n'y a que ce moment qui est bien - ?
Et Marilyn et son ukulele dans "Some like it hot" (B.Wilder) ?
Et
le boooou-leversant regard jeté par Cary Grant à (la toujours
splendide) Deborah Kerr, lorsqu'il se rend compte qu'elle s'est
sacrifiée à cause de son handicap - "An Affair to Remember" (L.MCarey) - ?
Et la scène envoûtante de ce couple mystérieux qui débute "They live by night" (N.Ray) -ah là ça devient moins évident - ?
Et l'inimitable accent français de Maurice Chevalier dans "Love in the afternoon" (B.Wilder) ? - mais que faisait Berlitz ??
Loin de moi l'idée d'étaler ma science, ni de dresser une apologie du cinéma hollywoodien (Patrick Brion s'en charge fort bien) j'aime ces comédies de moeurs pour la richesse des dialogues, le rythme des histoires (qui n'a jamais haleté devant "bringing up baby" (H.Hawks)?), la sobriété du ton et en même temps pour un romantisme qui pouvait à cette époque exister (sous entendu il est difficile de le maintenir à notre époque sans qu'on le taxe de sensiblerie).
Ce qui me souffle toujours et encore est de me figurer à quel point ces films pouvaient être novateurs voire provocateurs à l'époque (le thème des hommes de retour de guerre est magnifiquement traité par W.Wyler dans "The Best Years of our lives"), alors qu'ils étaient financés par les plus grands studios.
Leur liberté de ton et modernité subsistent avec le temps, ce que je trouve fascinant. Comme je trouve fascinant les yeux de Gene Tierney dans "Laura" (O.Preminger) ;-)
Il m'en reste encore tellement à voir, mais si je puis me permettre de conseiller ceux qui ont-envie-mais-ne-savent-pas-quoi-encore-regarder-pour-commencer, voilà en vrac quelques idées (en plus des films cités plus haut) :
The Apartment (B.Wilder)
The Fifth Avenue Girl (G.La Cava)
I was a male war bride (H.Hawks)
That's a wonderful life (F.Capra)
The night of the Hunter (C.Laughton)
Vive le cinéma ! Tous les cinémas (évidemment) !
L'honneur des Prizzi... plus récent, certes !
sinon c'est comment le kalaripayatt ???
Rédigé par: Arte | 18/03/2005 at 14:24
et dimanche 20, lundi 21, (mardi je ne suis pas sûre), c'est le Printemps du Cinéma, entrée à 3 euros 50
;)
Rédigé par: tilly | 18/03/2005 at 16:15
oh la la la... moi qui me disais que mes favoris du moment étaient :
- Princess Bride ("My name is Inigo Montoya, you killed my father ! preparrre to die ...!)
- La folle journée de Ferris Bueler (vite, un loueur de DVD...)
- Breakfast Club (en parler à VinVin....)
- Brazil (et Bob de Niro en plombier conspirateur...)
- Monty Python : Holly Graal (ah le Black Knight...)
Je vais me faire chasser à coup de balais de cette conversation...
Rédigé par: Frederic | 19/03/2005 at 16:53
J'ajouterais :
- Sunset Boulevard (B.Wilder)
- All about Eve & le limier (Mankievitz)
- The moon & six pence (A.Lewin)
- Taxi Driver / The king of comedy (scorsese)
Rédigé par: Galienni | 20/03/2005 at 20:48
www.kalaripayatt.org ;-)) et c'est bien !
Ah oui c'est sûr que je peux vous en trouver pleins sur les périodes plus récentes (Liaison fatale par paou encore Speed)...
Eh fred tu as oublié "recherche susan desespérement" et "Electric Dreams" !!
Galienni : Sunset boulevard j'ai biaisé en insérant l'image et merci pour tes conseils Lewin je connais pas !
Rédigé par: Stephanie | 21/03/2005 at 17:42
Rien à redire à ta liste, même si 5 films le choix est dur...J'adore I was a male war bride, génialissime
Rédigé par: la_dilettante | 04/04/2005 at 14:57
Effectivement, il a fallu se faire violence.
La scène où Ann Sheridan travestit Cary Grant pour le faire passer sur le bâteau est vraiment hilarante, d'abord la perruque immonde puis le maquillage, "no, no make up let's say i'm a kinda outdoor girl" se défend-il pressentant le résultat désastreux .. j'en ris encore ...
Rédigé par: Stephanie | 05/04/2005 at 17:14